Il y a deux ans, une cliente m'a écrit : « J'ai essayé trois shampoings solides, mes cheveux étaient poisseux à chaque fois. J'abandonne. »
Elle n'avait pas mal choisi. Elle avait acheté trois fois le même type de produit sans le savoir — et ce type-là ne convenait pas à ses cheveux.
C'est presque toujours ça, derrière un avis négatif sur le shampoing solide. Pas un mauvais produit : un produit qui n'était pas fait pour ces cheveux-là, ou qui n'était pas un shampoing du tout.
Pourquoi autant d'avis négatifs ?
Trois causes reviennent, et aucune n'est « le solide, ça ne marche pas ».
- Ce n'était pas un shampoing, c'était un savon. Beaucoup de pains vendus comme shampoings solides sont des savons saponifiés : excellents pour le corps, mais avec un pH autour de 9. Le cheveu, lui, vit autour de 5. Résultat : écailles ouvertes, cheveux rêches, cette sensation de film qui ne part pas.
- Le shampoing ne correspondait pas au type de cheveux. Un pain formulé pour cheveux secs sur des cheveux gras donne des racines lourdes en deux jours. L'inverse donne des longueurs qui grattent. Le solide est plus spécialisé que le liquide, pas moins.
- Le geste n'était pas le bon. On frotte le pain sur les longueurs au lieu de le faire mousser dans les mains et de masser le cuir chevelu. On rince trop peu. Ce sont deux minutes à réapprendre, pas une révolution.
J'ai détaillé le premier cas — le plus fréquent — dans un autre article : cheveux poisseux avec un shampoing solide, la vraie cause.
Savon ou vrai shampoing : la différence qui change tout
C'est le point que presque aucun avis ne mentionne, et c'est le plus déterminant.
Un savon est obtenu par saponification : des huiles et une base forte. Son pH est basique par nature — on ne peut pas le descendre sans détruire le savon.
Un shampoing solide est construit autour d'un tensioactif doux. Le plus courant dans les formules soignées est le sodium cocoyl isethionate, dérivé de l'huile de coco : il mousse, il nettoie, et il permet une formule à pH compatible avec le cheveu.
| Savon saponifié | Shampoing solide | |
|---|---|---|
| Premier ingrédient INCI | Sodium Olivate, Sodium Cocoate… | Sodium Cocoyl Isethionate |
| pH | autour de 9 | compatible avec le cheveu |
| Sur les longueurs | écailles ouvertes, toucher rêche | fibre lissée |
| « Période de transition » | souvent nécessaire | aucune |
Les 4 choses à vérifier avant d'acheter
- ✓Le premier ingrédient. L'INCI est classée par ordre décroissant : le premier nom, c'est la base de la formule, et il décide de tout le reste.
- ✓La présence de sulfates. SLS et SLES nettoient très efficacement — parfois trop, sur cuir chevelu sensible, cheveux bouclés ou colorés. Ce n'est pas un poison, c'est une question d'adéquation.
- ✓À quel type de cheveux il s'adresse. Un pain qui prétend convenir à tout le monde mérite une seconde lecture. Les formules efficaces sont ciblées.
- ✓Combien d'ingrédients sont réellement certifiés bio. « Naturel » ne veut rien dire juridiquement. « Bio » est certifié, et ça se compte : chez nous, 8 sur 9 pour Neptune, 7 sur 8 pour Zéfir, 7 sur 9 pour Atlas. Un fabricant qui ne donne pas ce chiffre a une raison.
Faut-il une « période de transition » ?
On lit partout qu'il faut endurer trois à six semaines de cheveux ternes pendant que le cuir chevelu se rééquilibre.
Un shampoing solide correctement formulé ne demande pas de période de transition. Ce qu'on prend pour une transition, c'est en général un pain à pH basique qui laisse un dépôt à chaque lavage. Si vos cheveux sont encore désagréables après trois semaines, le problème n'est pas votre cuir chevelu : c'est le produit.
Lequel choisir selon vos cheveux
Nos trois shampoings sont moulés à la main dans mon laboratoire en Drôme Provençale, autour du même tensioactif doux et sans sulfate, avec un actif différent selon le besoin. Un pain remplace deux à trois flacons de 250 ml : jusqu'à 60 lavages.

